• Arno Le Monnyer

Rencontre avec Julien Cousteaux, archéologue


Julien Cousteaux, responsable d’opération d’archéologie préventive au sein de l’entreprise Hadès.

Sommaire :


I. Présentation, parcours et travail.

II. Actualités et exposition.

III. Carte Blanche.

IV. Futurs projets et aboutissements.

V. Question coupe file.

I. Présentation, Parcours et Travail :

Vous avez commencé vos études supérieures à l'université de Bordeaux en Histoire de l’Art et Archéologie. Conseilleriez-vous cet enseignement et cette université ?


J'ai en effet commencé par un DEUG d’histoire de l’art et d’archéologie puis une licence d’archéologie à l’université Bordeaux III. C'est une formation initiale qui permet d'acquérir des connaissances théoriques sur l’archéologie, l’histoire de l'art et tous les savoir-faire techniques qui gravitent autour de ces deux matières. Cet enseignement est normalement dispensé dans toutes les universités françaises qui proposent ce cursus. Après les particularités viennent des spécialités différentes en fonction des enseignants chercheurs qui dispensent les cours. Par exemple à Bordeaux on ne trouve pas d’archéologie égyptienne ou précolombienne. À l'époque il y avait une professeure spécialiste de la Mésopotamie. Je conseille surtout aux personnes qui voudraient s’intéresser à un cursus universitaire archéologique de se renseigner sur les différents professeurs et leur spécialité.


Votre Master 1 portait sur des études statistiques de l'archéologie en prenant l’exemple des dépôts métallurgiques de l'âge du Bronze, pouvez-vous nous expliquer l'intérêt de l'étude des statistiques en archéologie ?


L'intérêt est de pouvoir traiter un grand nombre de données que le cerveau humain n’arriverait pas forcément à analyser et de pouvoir tirer de nouvelles connaissances à partir d’elles. Là, cela concernait la pratique des dépôts à l’âge du Bronze et plus particulièrement en Bretagne, où on sait qu'il y a une pratique du dépôt métallurgique très importante. On en connaissait plus de 400 dépôts, l’intérêt était donc d'aller plus loin que de faire de simples statistiques, comme la moyenne, en utilisant ce qu'on appelle les statistiques multivariées qui permettent de croiser beaucoup de données sur ces dépôts et de voir si on arrive à tirer des inférences que ce soit au niveau chronologique, spatial, … Voir s’il existe une logique sur un champ qui ne nous serait pas venue à l'esprit. L'inconvénient est que l'archéologie reste une science humaine et que les théories mathématiques ne se prêtent pas toujours au fonctionnement humain.


Lors de votre master professionnel, dans quels secteurs précis avez-vous pu travailler ?


J’ai fait des stages à l’Inrap (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives) sur le terrain, en diagnostic et en fouilles. On devait aussi faire un stage dans un laboratoire et un autre dans un service de collectivité. J'ai fait un stage à l'université Paris 10 Nanterre pour faire de la prospection géophysique, c’est-à-dire essayer de voir s’il y a des vestiges conservés dans le sous-sol sans creuser. J’ai ensuite travaillé au service municipal de la ville de Saint-Denis, qui est un service assez ancien. J’ai pu voir la partie terrain mais aussi tout le traitement du mobilier archéologique, accumulé depuis de nombreuses années.


Comment est venue l'envie de faire un deuxième master tourné sur la recherche ?


J'avais fait un master 1 qui portait sur l'âge du Bronze, une période de la Protohistoire et un Master 2 professionnel qui m'avait servi pour acquérir des connaissances plus poussées sur l’archéologie de terrain. Mais je trouvais qu'il me manquait un peu une spécialisation si je voulais aller plus loin et diriger plus tard des fouilles archéologiques. Je pensais qu'il fallait que je devienne un peu plus spécialisé sur une période donc j'ai fait le master 2 recherche pour cette raison. Il existe maintenant plusieurs masters professionnalisant en archéologie, mais souvent les étudiants commencent par un master 2 recherche pour se spécialiser avant de faire un master professionnel. Donc j'ai fait l'inverse qui est aussi possible.


Vos différents changements d’universités étaient-ils liés à des spécialisations de ces universités ?


Quand j'ai voulu faire un master 2 professionnel en archéologie il en existait trois en France, un à Montpellier, un à Nantes et un à Paris. Je me suis donc inscrit à l’université Paris 1 dès le Master 1 pour pouvoir ensuite candidat au master 2 professionnel. Pour le master 2 recherche, j’ai eu l’opportunité de rencontrer, lors d’un chantier estival, une archéologue rattachée à l’université de Toulouse ; et elle a accepté de diriger mon mémoire.

II. Actualités et exposition :


Quelle était votre première expérience dans l’archéologie ?


C’était un stage de fouilles de deux semaines quand j’étais encore mineur, à l’âge de 16 ans. Normalement il existe beaucoup de stages pour les amateurs et les étudiants pour acquérir de l’expérience de terrain. Mais ces stages sont souvent limités à 18 ans minimum pour des questions légales d’organisation du chantier. C’est par l’intermédiaire de mon père qui avait trouvé une sorte de « colonie » tournée vers l’archéologie en association avec un véritable chantier de fouille et qui disposait d’un encadrement pour les mineurs. J’y suis retourné l’été suivant avant d’être majeur.


L'archéologie préventive est-elle selon vous assez développée en France ?


Oui, elle est très bien développée, notamment depuis la loi de 2001 sur l’archéologie préventive, qui a permis d’arrêter que des sites archéologiques soient complètement détruits sans qu’il y ait de fouilles. A la fin des années 1990, plusieurs scandales avaient éclatés en raison de la destruction d’importants sites archéologiques.

Cela étant dit, récemment avec la crise sanitaire, pour relancer l’économie, un décret est passé qui remet en cause l'obligation de faire des fouilles si le préfet le décide. L’Inrap, avec environ 2200 agents, fait partie d’un des principaux opérateurs de l'archéologie au niveau mondial.

Y-a-t-il des différences fondamentales entre l’archéologie privée et publique ?


Certaines personnes voudraient croire qu'il en existe mais non, on fait le même métier. Tous les archéologues, du privé et du public, proviennent des mêmes universités et ont suivi les mêmes formations. Il existe une petite opposition entre certains agents du service public et des archéologues privés car les personnes du service public considèrent que l'archéologie fait partie du patrimoine national et qu’elle ne devrait pas être liée à une quelconque marchandisation.


Les chantiers de fouilles préventives sont-ils confiés aux sociétés spécialisées via des appels d’offres ou existent-ils des partenariats entre elles et les communautés territoriales, départements, régions ?


Ça dépend, il existe plusieurs types de fouilles. Il y a des appels-d'offres publics auxquels plusieurs opérateurs répondent, et, selon une grille de critères l'aménageur choisit un des opérateurs. Après les aménageurs privés peuvent choisir n'importe quel opérateur tant qu'il respecte les règles dictées par le service régional de l’archéologie. Les opérateurs sont agréés par l'Etat et pour chaque fouille les agents des services régionaux de l'archéologie vérifient que l'offre proposée par l'opérateur est conforme et qu'on peut faire les fouilles dans des bonnes conditions. Donc il n’y a pas forcément des appels d'offres, parfois il s’agit de contrats directs entre l’aménageur et les opérateurs. Il existe aussi des partenariats qu'on appelle accord-cadre où une entreprise peut passer un accord pour que dans les années à venir toutes les fouilles qui doivent être entreprises sur ces terrains le soient par un seul et même opérateur. Enfin les communautés territoriales ont parfois des services d’archéologie qui s’occupent des fouilles publiques.


Les institutions d’archéologie programmée et d’archéologie préventive sont-elles les mêmes ?


Ce ne sont pas les mêmes règles mais ce sont en partie les mêmes personnes. Les fouilles programmées ne se font pas sur des sites qui vont être détruits par l'aménagement du territoire mais qui ont un intérêt scientifique particulier pour répondre à une problématique. Ce sont des chantiers qui se déroulent beaucoup l'été avec des personnes bénévoles et sont dirigés par des archéologues issus du CNRS ou de l’Université mais il peut aussi y avoir des fouilles programmées qui sont dirigées par des archéologues qui sont habituellement des archéologues travaillant en archéologie préventive. Ça arrive aussi que des sociétés privées ou publiques interviennent à l’étranger. Le cadre est donc différent mais ce sont souvent les mêmes personnes.


En quoi consiste un diagnostic archéologique ?


Un diagnostic archéologique consiste à estimer le potentiel archéologique du sous-sol qui risque d'être détruit par les futurs aménagements. Ça consiste à faire un échantillonnage du terrain où l'aménagement est prévu en faisant des tranchées à la pelle mécanique et en enlevant successivement toutes les couches de sédiment jusqu’à arriver sur des vestiges ou sur les niveaux stériles. Le diagnostic n'est pas soumise à concurrence comme les fouilles, elle est forcément réalisée par l’Inrap ou par les services d’archéologie territoriaux.  Quand on fait une demande de permis de construire, la demande est transférée au service régional de l’archéologie qui choisit s’il faut faire un diagnostic. Et s’il est concluant, des fouilles peuvent être prescrites sur tout, ou une partie, du projet.

Comment fonctionne l’Inrap ?


C’est un établissement public qui a été créé en 2001 et qui est l’émanation de l’AFAN (Association Française d’Archéologie Nationale). Il fonctionne avec un président et un directeur général puis il se décline par grandes régions avec des directeurs et des archéologues.


Avez-vous travaillé pour le compte de l’Inrap ?


Non, j’ai réalisé des stages auprès de l'Institut, durant l'été et durant mon master professionnalisant. J'étais donc technicien de fouilles mais en stage seulement.


Comment s'organise l’organigramme d’un chantier de fouilles ? Toutes les personnes qui y travaillent dépendent-elles du directeur du chantier de fouilles ou y a-t-il une notion de personnes internes et externes ?


Pour n’importe quel chantier de fouilles, préventives ou programmées en France, l’Etat délivre une autorisation de fouilles qui est nominative. C’est donc la personne nommée qui a l’entière responsabilité scientifique du chantier. Elle dirige toutes les personnes qui y travaillent mais aussi tous les experts qui peuvent intervenir sur le terrain ou en post-fouilles. Mais travaillant au sein d’une entreprise, on a également une hiérarchie interne. Donc l’organigramme est assez simple il y a en haut le responsable d’opération, si c’est un chantier important il peut y avoir des adjoints ou responsables de secteur et évidemment des techniciens de fouilles.


En quoi consiste le métier de technicien de fouilles ?


Technicien peut paraître assez flou mais ce nom relève juste le fait qu’ils n'ont pas de rôle au sein du management ou de la direction du chantier mais c'est bien eux les archéologues qui fouillent.


Y-a-t-il des possibilités d’avancement dans l’archéologie préventive ?

Oui il y a des possibilités. Le métier d’archéologue est très vaste. Ceux qui aspirent à avoir plus de responsabilités peuvent réussir mais au contraire certains préfèrent rester technicien de fouilles toute leur vie quand ils ne trouvent pas d’intérêts à autre chose que le métier d'archéologue. Plus on a de responsabilités, moins on peut fouiller. Sur le terrain, on peut donc devenir responsable de secteur ou adjoint et responsable d’opération. Il y a aussi des postes dans la gestion d'agences pour ceux qui ne sont pas forcément attachés au terrain. Il existe aussi des passerelles, via des concours, vers l’Université ou le CNRS pour devenir maître de conférences ou agent de la fonction publique dans les services régionaux de l’archéologie.


Dans l’archéologie préventive, en quoi consiste le post-fouilles ? S’agit-il de l’étude des découvertes et de la rédaction d’articles ou y-a-t -il d’autres étapes ?


Le post-fouilles, c’est l’étude totale de toutes les données enregistrées sur le terrain et qui aboutit à la remise d’un RFO (Rapport Final d’Opération). Toute la problématique de l’archéologie préventive est là : on fait de la sauvegarde par l’étude, tout ce que l’on étudie est voué à être détruit. Donc la seule trace qu’il en restera c’est ce qu’on aura pu écrire. Après la deuxième phase plus bureau, c’est rédiger le rapport, qui est encadré par des lois et des cadres qui imposent leur présentation, avec une partie constituée d’inventaires, de matières brutes. Mais aussi une partie de remise en contexte du site donc aussi de la recherche de fond qui doit être faite. Elle n'est pas aussi poussée, peut être que d’autres archéologues de l’Université ou du CNRS qui, dans les mêmes circonstances, ont plus le temps de faire des recherches. Mais on peut aussi faire des articles dans des revues spécialisées car un résumé du rapport de fouilles sera plus lu qu’un rapport entier qui peut être un peu rébarbatif.


Ayant fait vos études sur la période protohistorique, travaillez-vous seulement sur cette période ou avez-vous un spectre plus large ?


Cette spécialisation à travers mon master 2 recherche me permet aujourd'hui de diriger des fouilles préventives où les vestiges datent de la période protohistorique, l’âge du Bronze et l’âge du Fer. Je travaille seulement sur cette période quand je suis directeur de fouilles mais je peux travailler sur d’autres périodes, en tant qu’adjoint ou technicien de fouilles, couvertes par l’agrément d’Hadès, la société pour laquelle je travaille.


Pour les choix des équipes sur un chantier, les différents métiers dépendent-ils de la spécialisation de chacun ou seuls les archéologues dirigeant les chantiers sont-ils au centre de leur spécialité ?


Le responsable d’opération est spécialiste de la période chronologique que couvre le chantier qu’il dirige mais il y a énormément de spécialités en archéologie. Ne pouvant pas être spécialiste de tout, il fait appel à des spécialistes pour l’étude du mobilier archéologique notamment, par exemple le céramologue, l’archéozoologue pour les ossements animaux ou l’anthropologue pour les ossements humains, etc.


Vos recherches et fouilles sont-elles financées par les sociétés ou propriétaires du terrain voulant exploiter le lieu ou l'Etat est-il votre principal financier ?


Ce sont les aménageurs qui paient les fouilles. Dans le cadre de l'archéologie préventive on parle du principe de "destructeur-payeur" comme "pollueur-payeur". L'aménageur prend à sa charge le coût de la fouille sauf si c'est un particulier qui veut faire construire une maison ou quand l’aménagement concerne des logements HLM. Le chantier est alors payé par le FNAP (Fond National d’Archéologie Préventive) qui est financé par la RAP (Redevance d’Archéologie Préventive) et qui permet de financer les diagnostics mais aussi certaines fouilles.


Arrive-t-il parfois que l'on doive passer plusieurs mois sur un chantier sachant que, on peut imaginer pour l’archéologie préventive le but doit souvent être d’être rapide pour permettre aux travaux de commencer tôt ?


Ça peut arriver de rester plusieurs mois voire plus d’une année sur un chantier. L’archéologie préventive a remplacé ce que l'on appelait l’archéologie de sauvetage où les archéologues bloquaient les travaux pour intervenir et sauver les vestiges. Le but de la prévention est donc d’anticiper. Si l'aménageur s’y prend assez longtemps à l'avance, il peut au final ne pas y avoir de retard pour ses travaux.


Quelles sont aujourd'hui vos domaines d'expertises ?


Ma spécialité est l’archéologie protohistorique et principalement le second âge du Fer, qui couvre les 500 dernières années avant la conquête romaine environ. Mais cela veut dire fouiller différents types de sites avec des fonctions particulières : habitat, funéraire, …

Par exemple, j’ai fouillé une nécropole du premier âge du Fer ce qui m'a donné plus de connaissances sur ce sujet.


Avez-vous déjà eu l’occasion d’écrire sur vos recherches en fouilles ?


Un petit peu, mais il faut avoir pu diriger des fouilles sur des sites assez importants qui méritent d’être publiés. On essaie de participer à des séminaires ou des colloques pour pouvoir évoquer et diffuser le contenu du rapport. Par exemple j’ai participé à une journée d'étude sur la Protohistoire dans le Sud-Ouest de la France qui s'est tenue au musée d'Aquitaine à Bordeaux en décembre dernier.


Quel est le plus gros chantier auquel vous ayez participé ?

Le plus gros chantier auquel j’ai participé, que ce soit en terme de durée et de taille d'équipe, est le chantier de la Caserne Niel à Toulouse. Il a duré entre fin 2009 et le printemps 2011, donc un an et demi environ sur le terrain, avec une équipe de 20 à 40 personnes. C’était une partie de l’occupation gauloise de Toulouse, qui se développe au sud de la ville actuelle au bord de la Garonne.


Que rêveriez-vous de trouver lors d’un de vos chantiers pour développer vos recherches ?


Tout archéologue aimerait trouver un site extrêmement bien conservé, à la Pompéi. C'est le problème des sites qui ont souffert des affres du temps. Parfois, on a une vision très partielle de ce qu'il y avait à l'origine. Surtout pour la Protohistoire, il y a surtout des trous ou des fosses, toute l'architecture en terre et en bois n'ayant pas survécu. On sait que beaucoup de choses ont disparues donc trouver un site parfaitement conservé comme ça a été le cas en Angleterre avec Must Farm est un peu un rêve. C’est un site protohistorique qui a été intégralement conservé dans la tourbe. Toutes les maisons en bois ont été conservées avec les charpentes, etc.

Must Farm, Royaume-Uni.

Quelle partie de l’archéologie est la plus épanouissante selon vous ? Les préparations, les fouilles, le post fouille ?


J’aime beaucoup la fouille et le post-fouille. C’est un des avantages que je trouve au métier d’archéologue. Il s'agit de deux métiers totalement différents, le premier est un travail d’équipe sur le terrain en extérieur et le post-fouille, tu es souvent seul pendant plusieurs semaines dans ton bureau pour faire de la rédaction. Mais ce sont deux facettes que j'apprécie vraiment même si j’ai une petite préférence pour l'archéologie de terrain, l'excitation de ne pas savoir ce que l’on va trouver tant qu’on n'a pas commencé à creuser mais c'est aussi très valorisant de remettre en forme les données, de voir ce qu’il existe autour du site qu’on a fouillé.


III. Carte Blanche.


La transmission des connaissances acquises sur la vie des gens dans le passé, ça passe par toute la médiation qui peut être faite sur les sites archéologiques mais aussi dans des musées. Je sais que Hadès a participé récemment à deux expositions (:) une sur les Wisigoths qui se tient au Musée Raymond à Toulouse et une autre au Musée de Clermont-Ferrand sur l’Antiquité. Réussir à retranscrire ce que l’on voit dans des vestiges archéologiques qui peut paraître abstrait pour certains c’est ce que j'aimerais mettre en avant aujourd’hui.

IV. Futurs Projets.

Avez vous des projets pour les prochains mois ou prochaines années dans lesquels vous pensez participer, des fouilles particulières, de nouveaux écrits, ce genre de choses ?


Je devrais participer pour les trois prochaines années à un PCR (Projet Collectif de Recherche) qui est dirigé par deux archéologues de l’Inrap qui ont souhaité faire une synthèse de ce qu’on appelle l’occupation rurale à l'époque gauloise autour de Toulouse et plus largement dans le département Midi-Pyrénées en général car on a un gros déficit par rapport au nord de la France. Très peu de sites ruraux avaient été mis au jour jusqu’au début des années 2000. Mais depuis quelques années et grâce notamment à l’archéologie préventive, des informations sont sorties donc ça devient intéressant de les synthétiser. Comme j’ai fouillé un des sites de ce corpus à la fin de l’année 2016, on m’a contacté pour savoir si j'étais intéressé pour participer au projet.


V. La Question Coupe File.


Ce qui m’est venu en tête, c’est un de mes artistes préférés, peut-être parce que c’est l’un de ceux que j’ai découvert assez jeune lors d’une exposition à Beaubourg, c’est le Cèdre de Versailles de Giuseppe Penone qui est un arbre qui était tombé lors de la tempête de 1999 dans les jardins du Château de Versailles.



Cet artiste a évidé le tronc pour essayer de retrouver ce qu'était à l’origine l’arbre lorsqu’il était plus jeune. Et maintenant que je suis archéologue je trouve que ça fait un parallèle avec le fait de fouiller couche par couche pour retrouver le tronc avec toute ces branches comme une stratigraphie.



Propos recueillis par Arno Le Monnyer.

 
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©2020 Coupe-File Art - ISSN  2647-5871