• Antoine Lavastre

Trésors de Nara au musée Guimet


Depuis juillet 2018 Paris vit au rythme japonais, c'est la saison Japonismes2018 ! Cet événement, célébrant le 160ème anniversaire des relations diplomatiques entre la France et le Japon, permet au public parisien de découvrir, depuis maintenant plus de six mois, des centaines de chefs-d’œuvres qui ne sortent que très rarement du pays du soleil levant. Jusqu’au 18 mars, afin de clôturer l’évènement, sont présentées au Musée national des arts asiatiques – Guimet, trois statues exceptionnelles.


Issus des collections du temple Kohfikuji, dans le département de Nara (Sud du Japon), ces trois chefs-d’œuvres illustrent avec brio le grand savoir-faire des artistes du Japon médiéval. Ce sont ainsi deux gardiens et un Bodhisattva qui ornent la magnifique rotonde de la bibliothèque du musée Guimet.


Statue en bois du Jizô Bosatsu (Bodhisattva Kshitigarbha) 📷©CoupeFileArt

Lorsque l’on pénètre dans cette salle d’exposition un peu particulière, on ne peut qu'être frappé par ces trois statues qui nous font face. Les gardiens attirent particulièrement le regard. Le corps tout en muscle, l’expression ferme et puissante sont caractéristiques de la période Kamakura (1185 - 1333). Cette période voit l’émergence de la figure des shôgun, seigneurs de guerre qui prennent le pas sur le pouvoir impérial. Ceux-ci réforment alors l’art à leur image. Aux figures pleines et gracieuses qu’illustre le bodhisattva (daté du VIIIème siècle), se confrontent des œuvres tout en puissance, au traitement anatomique quasi surréaliste.


Statue en bois du Kongô Rikishi (Agyô ou à bouche ouverte) 📷©CoupeFileArt

Ces œuvres, au-delà de leur expressivité, présentent aussi l’évolution des techniques de la sculpture japonaise. Le Bodhisattva Kshitigarbha, vénéré par les personnes souffrantes, est réalisé selon la technique du Ichibo Zukuri, c’est-à-dire en un seul bloc de bois évidé pour le corps, la tête, les jambes et même le socle. Les mains sont le plus souvent rajoutées par la suite. Les gardiens, quant à eux, sont réalisés selon la technique du Yosegi Zukuri, c’est-à-dire grâce à l’assemblage de plusieurs morceaux de bois.


Statue en bois du Kongô Rikishi (Ungyô ou à bouche fermée) 📷©CoupeFileArt

C’est donc une très courte exposition que présente le musée Guimet. Cependant la qualité des œuvres exposées, et leur puissance expressive, méritent pleinement une visite de la rotonde. Les œuvres sont de surcroît accompagnées d’un ensemble d’informations de grandes qualités. Il faut mettre en avant le livret d’une quinzaine de pages offert à l’entrée de l’exposition. Celui-ci, à l’instar d’un catalogue, revient de manière très détaillée sur l’histoire du temple Kohfikuji et sur l’art de la sculpture au Japon. Ce sont deux synthèses précises et de grande qualité que nous offrent ici, gratuitement, les organisateurs de l'exposition.


Antoine Lavastre

INFORMATIONS PRATIQUES

・Dates : Du 23 janvier au 18 mars 2019 ・Lieu : Musée national des arts asiatiques – Guimet (Fermé Mardi, Ouvert 10h -18h)

 
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©2020 Coupe-File Art - ISSN  2647-5871