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Prix Marcus : les jeunes antiquaires en fête à Thiron-Gardais, sous le haut patronage de Stéphane Bern


Le Prix Marcus 2023. De gauche à droite : Geoffray Riondet, secrétaire général adjoint du SNCAO-GA, Mathieu Py, Alix Basier, Caroline Thieffry, Julien Leroy, Stéphane Bern, Marius Simon, Anna Currenti et Rémi Machard, président du SNCAO-GA © Aurélien Delahaie

La météo était certes maussade mais l’ambiance, elle, était bien à la fête au collège royal et militaire de Thiron-Gardais, ce mardi 19 décembre. C’est en effet au sein du monument historique restauré depuis 2013 par le célèbre animateur et amoureux du patrimoine Stéphane Bern que le Syndicat National du Commerce et de l’Antiquité, de l’Occasion et des Galeries d’Art (SNCAO-GA) a pu organiser la remise des prix décernés aux lauréats de la première édition du « Prix Marcus du Jeune marchand, acteur du patrimoine ». M. Stéphane Bern, lui-même chineur amateur, s’est ainsi prêté bien volontiers à l’exercice de la remise des prix à cinq entreprises d’antiquaires de diverses spécialités et situées partout en France, de Perpignan à Nonancourt (Eure) en passant par Angers. Pour l’Ile-de-France, c’est un duo de deux jeunes marchandes parisiennes, Alix Basier et Caroline Thieffry, co-fondatrices d’Artwins qui a été récompensé.


Caroline Thieffry et Alix Basier, co-fondatrices d'Artwins © SNCAO 2023 DR

Après plusieurs passages dans le monde des musées et dans les études de maisons de vente aux enchères, c’est au sein de la célèbre maison Christie’s que les deux diplômées en histoire de l’art à l’université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne se rencontrent et décident en 2021 de s’associer pour créer Artwins, une galerie consacrée principalement à la peinture et au dessin du XIXe siècle. Peu impressionnées par l’ampleur de la tâche qui les attendait, les deux marchandes qui exercent pour le moment exclusivement via internet et les réseaux sociaux se sont lancées dans l’aventure du prix Marcus en concurrence avec une trentaine d’autres candidats. La présentation au jury d’une étude de l’Allégorie du Commerce exécutée en 1890 par Pierre-Victor Galland (1822-1892), élève notamment d'Henri Labrouste, pour le décor de l’Hôtel de Ville de Paris leur permet aujourd’hui de faire partie des heureux élus.


Pierre-Victor Galland (1822-1892), Allégorie du Commerce, esquisse non utilisée pour la galerie des Métiers de l'Hôtel de Ville de Paris, 1890, huile, essence et crayon noir sur fond or sur toile © SNCAO 2023 DR

Redécouverte sur le marché de l’art, cette étude non utilisée par l’artiste avait été imaginée pour orner la Galerie des Métiers du siège de la municipalité parisienne, entièrement reconstruit après son incendie lors de la Commune de 1871. Ce dessin sur toile, prévu à l’origine pour être placé dans un médaillon situé au sommet de l’arcade de l’une des baies de la galerie est à associer à une série d’autres dessins, conservés dans les collections du Petit Palais et du musée de la Piscine, à Roubaix. Cet ensemble d’art graphique avait d’ailleurs fait l’objet d’une présentation lors de l’exposition intitulée « Pierre-Victor Galland, un Tiepolo français au XIXe siècle » à Roubaix puis à la galerie nationale de la tapisserie de Beauvais en 2006-2007.


Le prix Marcus, tirant son nom de Claude-Gérard Marcus, co-fondateur du musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme en 1998, expert, marchand d’art et initiateur du décret régissant le marché des œuvres d’art et des objets de collection promulgué en 1981, sonne aujourd’hui comme un encouragement venant couronner les deux premières années de travail accomplies par Alix Basier et Caroline Thieffry. Il ne fait nul doute que nous entendrons parler de leur travail dans les années à venir. Grâce à la récompense du SNCAO-GA, les amateurs d’art et d’antiquité pourront d’ores et déjà retrouver Artwins en ligne, sur la plateforme Antikeo ainsi que sur un stand de la prochaine foire de Chatou.


Stéphane Bern, parrain du Prix Marcus © Aurélien Delahaie

Lancé avec succès en cette fin d’année, le prix Marcus rythmera désormais chaque année la vie du marché de l’art. M. Bern s’est déclaré enchanté d’avoir été nommé parrain de ce prix qu’il a pu remettre dans sa nouvelle propriété qu’il ne souhaite pas voir comme un château, comme certains le lui disent mais comme « un lieu de transmission du savoir », puisque ce collège fut en effet, comme sa dénomination l’indique, un établissement d’enseignement jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. Fier de son soutien aux métiers du commerce de l’antiquité, M. Bern a chaleureusement fait savoir qu’il accueillerait avec plaisir la remise du prix chaque année en sa propriété d’Eure-et-Loir. Rendez-vous est donc pris l’année prochaine pour la deuxième édition.

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