• Antoine Lavastre

Fluctuart, le street-art entre en Seine

L’art n’a pas de limites, pas de frontières. Il est présent partout où l’homme a, ou a eu accès, des plus profondes cavernes terrestres à l’astre lunaire. Il accompagne le développement technologique et s’étale sur nos murs, nos écrans, nos vêtements. Répondant toujours à des besoins et contextes nouveaux, les artistes s’expriment sur différents supports. La rue est aujourd’hui l’un des plus en vue. Le street-art se développe, s’exporte et s’immisce même dans les galeries les plus huppées du monde. Cependant, il se veut avant tout un art accessible basé sur un terrain neutre, la rue. Plus besoin pour le spectateur de pousser la porte parfois effrayante d’un musée, l’art vient à lui directement. Cette nécessité d’accessibilité, les créateurs de Fluctuart l’ont bien compris en proposant un espace gratuit, ouvert sept jours sur sept de midi à minuit. Fluctuart se présente ainsi comme un acteur innovant de la scène artistique contemporaine parisienne.


Ouverte depuis le 4 juillet 2019, Fluctuart est une péniche située au pied du pont des Invalides, qui se veut l’égal d’un musée. Destiné à l’art contemporain et particulièrement au street-art, l’espace s'organise sur trois niveaux.


Une oeuvre de Swoon

Le sous-sol, immergé, accueille des salles destinées aux expositions temporaires. Actuellement, c’est l’artiste Swoon qui présente « Capsule temporaire », une exposition tout en simplicité mettant en scène, sur du bois de récupération, des hommes et des femmes sur fond parfois de misère humaine: une vraie invitation à se plonger dans la carrière de la street-artiste avec une mise en scène chronologique des œuvres.















Le rez-de-chaussée est l’espace principal de Fluctuart, dont le nom repose sur un habile jeu de mot en rapport avec la célèbre devise de la ville de Paris « Fluctuat nec mergitur ». Celui-ci accueille la collection permanente, un bar et une librairie. En l’état actuel des choses, la collection permanente constitue sans aucun doute la vraie force de l’espace avec des œuvres insignes d’artistes majeurs comme Keith Haring, J.R., C215 et même Banksy. C’est une vraie alternative détonante qui est offerte ici vis-à-vis des collections du Centre Pompidou. Le véritable retard qu’ont les collections de l’ogre parisien sur la création réellement contemporaine en est d’autant plus flagrant. Les artistes comme J.R., Invader ou C215, qui font rayonner la France à l’international sur le plan artistique, n’y sont que trop peu présents. Fluctuart rattrape cela et s’inscrit ici dans la continuité d’un effort qu’il faut noter de la part d’institutions comme le musée du Louvre ou la maison européenne de la photographie. Néanmoins Fluctuart offre un espace plus pérenne à ces artistes d’aujourd’hui et de demain.

Les collections permanentes

L’étage n’est, quant à lui, qu’un simple roof-top mais il permet au lieu de vivre en accueillant des sessions live d’artistes émergeants, mais pas seulement.


Le mot « vie », est sans doute celui qui définit le mieux Fluctuart. C’est un espace destiné à l’art vivant, celui qui bouge, celui qui est au cœur des enjeux d’aujourd’hui. Le street-art est un art en constante évolution qui s’adapte selon les volontés de ses créateurs, très souvent des artistes engagés. Le mot vie correspond ensuite très bien à l’atmosphère du lieu, c’est-à-dire un espace où les portes semblent absentes, où la circulation est libre. Les gens entrent et sortent et créent ainsi un vrai mouvement. Les animations et les visites guidées, gratuites, achèvent d’apporter ce perpétuel mouvement à Fluctuart. Coupe-File ne peut que recommander la visite de ce lieu vivant, envoûtant et véritablement nécessaire.


Antoine Lavastre


Fluctuart :


- Pont des Invalides | Port du gros caillou | Paris VIIe

- 7j/7 de midi à minuit toute l’année

- Visites guidées gratuites tous les jours par des médiateurs de l’ICART (l’école du Management de la culture et du marché de l’art)

 
  • Instagram
  • Facebook
  • Twitter

©2020 Coupe-File Art - ISSN  2647-5871