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Le musée Unterlinden dévoile ses réserves

  • il y a 33 minutes
  • 3 min de lecture

Par Valentine Kretz


Le musée Unterlinden de Colmar révèle dans le cadre de son exposition « Sortie de réserves #1 » un assortiment d’œuvres souvent gardées loin de la vue du public. Elles s'exposent exceptionnellement dans la galerie dévolue aux expositions temporaires du musée, le Ackerhof. Cette présentation originale s'attache à développer les différentes justifications du séjour de ces créations dans les réserves du musée alsacien.


Vue de l’exposition « Sortie de réserves #1 du musée Unterlinden, au Ackerhof. © Valentine Kretz
Vue de l’exposition « Sortie de réserves #1 du musée Unterlinden, au Ackerhof. © Valentine Kretz

La scénographie, épurée et aérée, permet une parfaite déambulation au milieu des œuvres. Elle est propice tant à la contemplation qu’à la réflexion et mène le visiteur à découvrir, à travers différents secteurs muséographiques, l’historique des créations exposées. Le visiteur se prend de curiosité quant à leur signification mais aussi quant à leur intérêt scientifique. Ainsi, l’exposition mène à un questionnement central… 


Pour quelles raisons des œuvres sont-elles entreposées au sein des réserves du musée et ne figurent-elles pas dans la collection permanente ?


Les copies de grands maîtres


Il s’agit d’œuvres de reproduction : elles sont généralement réalisées par des disciples de grands maîtres à des fins d’apprentissage artistique ou d’agrément. Elles n’ont ainsi pas vocation à obtenir la même renommée. L’exposition nous en donne un exemple parlant avec La Bataille d’Arbèle, une reprise d'après Pierre de Cortone (1597-1669), mettant en scène la défaite du roi des Perses Darius contre Alexandre le Grand en 331 avant Jésus-Christ.


D’après Pierre de Cortone (1597-1669), La bataille d’Arbèle, entre 1650-1700, © Valentine Kretz
D’après Pierre de Cortone (1597-1669), La bataille d’Arbèle, entre 1650-1700, © Valentine Kretz

Les œuvres nécessitant des aménagements techniques spécifiques


Certaines œuvres nécessitent des conditions d’aménagement particulières en vue de leur exposition dans le parcours permanent du musée. En effet, par exemple, la présentation d'un tableau volumineux ou encore fragmentaire est toujours une gageure : cela peut s'avérer contraignant pour l'établissement. 


Gustave Brion (1824-1877), La Noce, 1874. © Valentine Kretz
Gustave Brion (1824-1877), La Noce, 1874. © Valentine Kretz

Les œuvres en cours d’étude et attendant une place dans le parcours permanent


Ce sont des œuvres ayant une importance pour la recherche actuelle en histoire de l’art. Leurs études ne sont pas encore finalisées, ainsi elles sont entreposées dans les réserves afin que les chercheurs puissent les manipuler dans les meilleures conditions possibles. L’exposition nous donne un aperçu exclusif de recherches en cours avec la présentation d'un assortiment de trois panneaux sur bois représentant des scènes bibliques.


Anonyme, Religieuse portant la croix à la suite du Christ, © Christian Kempf

Anonyme, Religieuse entre la tentation du Malin et la voie du Christ, © Christian Kempf

Anonyme, Crucifixion aux trois fous, © Le Réverbère / Mulhouse


Il peut également s’agir de nouvelles acquisitions du musée, dont l’entrée dans le parcours permanent est en cours de réflexion. C’est le cas de la peinture sur cuivre Titus Manlius Torquatus faisant mettre à mort son fils attribuée au peintre Heinrich Aldegrever (1502-1562), acquise en 2024.

Peinture sur cuivre attribuée à Heinrich Aldegrever (1502-1562), Titus Manlius Torquatus faisant mettre à mort son fils, © Valentine Kretz
Peinture sur cuivre attribuée à Heinrich Aldegrever (1502-1562), Titus Manlius Torquatus faisant mettre à mort son fils, © Valentine Kretz

Les œuvres non régionales


Spanyi Bela, Le Soir, © Valentine Kretz
Spanyi Bela, Le Soir, © Valentine Kretz

Le musée Unterlinden est un musée privilégiant les œuvres d’art rhénan du Rhin supérieur. Ce critère géographique permet d’opérer une sélection pour le parcours permanent afin que celui-ci suive un fil directeur commun.


Le musée détient des œuvres provenant de zones géographiques plus éloignées et ne peut les sélectionner par un souci de cohérence thématique. C’est le cas du Soir et de La plaine hongroise au couchant du peintre hongrois Spanyi Bela (1852-1914).


Spanyi Bela, La plaine hongroise au couchant (détail), © Valentine Kretz
Spanyi Bela, La plaine hongroise au couchant (détail), © Valentine Kretz

Des œuvres régionales mais pas d’avant-garde


Cependant, de nombreuses œuvres exposées dans le parcours d’exposition mettent en scène des paysages alsaciens : nous pouvons nous étonner que celles-ci ne figurent pas dans le parcours permanent du musée. Au fil de la visite de cette exposition, nous déduisons ainsi que le critère du régionalisme ne suffit pas. 


Jérôme Wipff (1831-1904), Chaumes à Fréland, 1892, © Valentine Kretz
Jérôme Wipff (1831-1904), Chaumes à Fréland, 1892, © Valentine Kretz
Alfred Giess (1901-1973), Paysage d’été (détail), 1930, © Valentine Kretz
Alfred Giess (1901-1973), Paysage d’été (détail), 1930, © Valentine Kretz

Afin qu’une œuvre régionale ait le mérite d’être exposée au sein du parcours permanent du musée, cette dernière doit aussi présenter un apport dans son propos. Ainsi, des œuvres de peintres régionalistes comme Blumer Lucien (1871-1947), Hertrich Michel (1811-1880), Wipff Jérôme (1831-1904) ou encore Giess Alfred (1901-1973), sans doute trop classiques, demeurent dans les réserves du musée. 


Cette exposition temporaire permet néanmoins à des productions considérées comme moins importantes et peu connues du public d’obtenir leur moment de gloire. « Sortie de réserves #1 » s'appréhende comme une opportunité de découvrir des créations parfois oubliées ou inédites. Car ces œuvres, l’exposition terminée, réintégreront les réserves calfeutrées du musée…


Lucien Blumer (1871-1947), Le pont des corbeaux (détail), 1908, © Valentine Kretz
Lucien Blumer (1871-1947), Le pont des corbeaux (détail), 1908, © Valentine Kretz

Michel Hertrich (1811-1880), différentes vues de Colmar, années 1870, © Valentine Kretz
Michel Hertrich (1811-1880), différentes vues de Colmar, années 1870, © Valentine Kretz

Prolongation jusqu’au 2 mars 2026

Musée Unterlinden, Ackerhof, 2e étage.




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