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Quel avenir pour l'abbaye de Chantelle ?

  • il y a 9 heures
  • 3 min de lecture

Par Antoine Lavastre et Nicolas Bousser


Au cœur du Bourbonnais, l'abbaye Saint-Vincent de Chantelle domine la Bouble. Ce haut-lieu patrimonial du centre de la France, jadis résidence favorite d'Anne de France (1461-1522), est depuis le milieu du XIXe siècle propriété d'une communauté bénédictine qui confectionne notamment des produits cosmétiques très appréciés. Mais voilà, le site voit aujourd'hui son futur s'écrire en pointillé après l'annonce, dans les colonnes du journal La Montagne, de la volonté des sœurs de s'en séparer.


L'abbaye de Chantelle photographiée par Nicolas Bousser - Février 2025
L'abbaye de Chantelle photographiée par Nicolas Bousser - Février 2025

Les raisons avancées par ces dernières, qui ne sont désormais plus que cinq, tiennent en premier lieu de la disproportion de l'abbaye et des déplacements rendus difficiles pour cette communauté vieillissante. A cela s'ajoutent les coûts d'entretien et de chauffage d'un tel édifice. De plus, les sœurs ont pu acquérir en 2025 une grande maison, plus commode, dans la rue même de l'abbaye. Un déménagement est donc d'actualité - d'ici la fin 2027 - sans avoir à quitter Chantelle.


Cette décision, bien que compréhensible, apporte son lot de questions concernant l'avenir du site dont l'histoire est étroitement liée à celle de la famille des Bourbon qui y possédait, jusqu'à sa destruction sur ordre de Richelieu en 1635, un important château attenant. Lieu de repos et même de décès d'Anne de France, c'est notamment ici que furent découverts, sous terre le 17 février 1845, des chefs-d'œuvre de la sculpture bourbonnaise de la fin du XVe siècle aujourd'hui conservés au musée du Louvre : la sainte Anne, le saint Pierre et la sainte Suzanne taillés par Jean de Chartres (vers 1465 - Vers 1515/1516) très certainement d'après un patron de Jean Hey (actif entre 1480 et 1505).


Les sculptures de Chantelle dans leur salle de l'aile Richelieu au musée du Louvre - Photographie Nicolas Bousser
Les sculptures de Chantelle dans leur salle de l'aile Richelieu au musée du Louvre - Photographie Nicolas Bousser

Si la presse locale se fait l'écho de la volonté des sœurs de ne pas vendre à un privé, avec un souhait de voir maintenues la vocation religieuse du lieu et son ouverture au curieux, la difficulté aujourd'hui de trouver des financements privés ou publics pour le Patrimoine ne peut qu'alerter sur l'avenir tout à fait incertain du site. La mairie de Chantelle et le conseil départemental de l'Allier semblent avoir pris connaissance du dossier. Il est cependant important de rappeler que ce dernier, acteur régional majeur en terme de Patrimoine, investit déjà massivement dans un site voisin : l'ancienne abbaye clunisienne de Souvigny. Pour cette dernière, candidate au classement UNESCO, il vient de créer un Établissement public de coopération culturelle (EPCC) en lien avec la ville de Souvigny et la communauté d'agglomération de Moulins. Dans un contexte de grandes difficultés financières pour l'ensemble des départements français, il paraît difficile, même si c'est à espérer, de voir le département de l'Allier s'engager à Chantelle dans un vaste projet patrimonial.


L'abbaye de Chantelle photographiée par Nicolas Bousser - Février 2025
L'abbaye de Chantelle photographiée par Nicolas Bousser - Février 2025

Reste la piste de l'installation d'un autre ordre religieux, ce qui pourrait satisfaire la volonté des sœurs. Mais cela est également à placer au conditionnel étant donné que ce dernier pourrait être, à son tour, confronter aux mêmes difficultés. D'autant plus que les bénédictines l'affirment, elles ne céderont pas l'abbaye à une communauté religieuse qui ne respecte pas Vatican II. Cela réduit encore le champ. L'abbaye n'est, pour l'heure, pas mise en vente et ne le sera pas avant plusieurs mois. Affaire à suivre, donc, de très près.



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